samedi 11 avril 2015

Spi et bout dehors


Pour amurer mon spi symétrique, rien ne vaut un bout dehors.
Ca, c'est vraiment trop long...
 

Les systèmes rétractables on l’inconvénient de gêner l’ouverture de la baille a mouillage, donc pas question de créer un problème en en résolvant un autre !

Je me penche donc sur le cahier des charges :

-          Eloigner le point d’amure du spi de l’enrouleur de foc. Le bateau n’étant pas un coursier des mers, pas de bout démesuré, orientable, plein de carbone…

-          Profiter de ce bout dehors pour faire un marche pied qui facilite l’embarquement par l’avant.

-          Ne pas gêner l’ancre (une brake MPI)

-          Tout doit rester démontable pour revenir a la configuration d’origine.

 

Après quelques esquisses je trouve le bon compromis :

Le bout dehors viendra se brider sur la pièce d’étrave. Pour cela je renforce sa fixation par des contreplaques dans la baille à mouillage.
 
 

2 pièces d’inox découpé au laser viennent enserrer 5 plaques de chêne, le tout est boulonner sur la pièce d’étrave.
 

Les plaques en chêne sont découper pour le passage de l’ancre et pour guider la sous barbe qui va reprendre la tension du spi.

 
 
J’implante un anneau de remorquage dans l’étrave sur le quel se fixe la sous barbe.

 
 
L’amure du spi est grée sur un palan qui revient sur un bloqueur au cockpit.

 


Je n’avait pas prévu que cela allait servir de plongeoir…


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samedi 28 mars 2015

Installation d'un régulateur d'allure



Ca faisait un moment que l’idée me trottait dans la tête.
Le régulateur ne dispense pas d'une veille attentive...

Un régulateur d’allure c’est un concept génial : il fonctionne sans électricité, sans bruit, en toute tranquillité même avec un bon vent.

Il a quand même quelques inconvénients : onéreux (petite série oblige) encombrant, rajoute une pale dans l’eau qui peut ralentir un peu le bateau.

Principe : une pale (aérien) articulée est placé face au vent (réglable). Lors qu’elle s’écarte du lit du vent, elle bascule d’un coté ou de l’autre.

Son basculement entraine un mécanisme qui fait tourner un petit safran qui se trouve dans l’eau dans un sens ou dans l’autre.

Ce safran est monté sur un axe qui le fait basculer vers tribord ou bâbord selon le cas.

Ce basculement sous l’effet de la pression de l’eau est puissant, ce mouvement est utiliser pour actionner la barre franche par l’intermédiaire de drosses et faire revenir le bateau sur son cap (c'est-à-dire dans le lit du vent de l’aérien)

Un exemple de principe de régulateur
 

 

Quelques croquis et requêtes Hisse et Oh plus tard, je tombe sur une annonce lecoincoin : a vendre un Pacific light de windpilot.
 

Windpilot est reconnu pour sa qualité, par contre le pacific light est plutôt pour des bateau de 2t à 2,5T.
 
Dans l’annonce le vendeur l’a installé sur un voilier acier de 9m et 5,5T sans problème.

Le biloup est plus léger et à une barre très douce, ca doit le faire !

Après quelques échanges cordiaux avec le vendeur, l’affaire est faite ; j’envoi le chèque, le vendeur envoi le régulateur amoureusement emballé.

La bête est superbe, un petit nettoyage – décrassage et il est prêt a être présenté a Tanteal.

J’avais déjà fait un premier relevé de cote un jour sans vent, ce qui me permet d’estimer un peu le type de montage : il sera fixé sur l’échelle de bain (qui est en fait une pièce stratifiée particulièrement robuste) mais ne devra pas la condamner. Le régulateur se démonte de son embase en enlevant une seule vis BTR très accessible, c’est donc un objectif atteignable.

Je monte donc le support sur un bout de bastaing de 60mm en première approche et amène le tout à Treb.


Avec l'arbre de safran d'origine, le régulateur est trop bas
Je supputais que le bras de gouvernail serait un peu court, ça se confirme : l’ensemble est trop bas avec le bras en place : le bridage sur l’échelle empêche de la basculer (rédhibitoire) la commande des bouts est trop basse, l’aérien perturbé par le tableau arrière vient taper dessus car trop près.

Je repositionne le bastaing à une position idéale et estime la longueur idéale du bras de safran: 150mm de plus.
Là, c'est déjà mieux pour pouvoir encore utiliser l'échelle...
 

J’envoi un mail à Peter foertmann (le patron de Windpilot) le samedi et j’ai la surprise d’avoir la réponse quasi immédiatement : en plus d’une proposition d’arbre plus long, il me conseille également sur le positionnement et sur les petits défauts qu’il a constaté sur mes photos du pré-positionnement.

Je rectifie, recommence le positionnement et effectivement ; ses remarques sont pertinentes : l’arbre doit plutôt faire 180 mm, la cale n’est pas assez épaisse (de 60mm, elle passe à 120mm)



En position idéale, le support manque d'épaisseur
Le support est mieux placé, l'échelle reste opérationnelle

Je passe la commande de l’arbre rallongée (standard à 200mm), fin de l’acte 1.

 

De retour à la maison et en attendant la prochaine virée en Bretagne, je fabrique le support à partir de planche de chêne de 20mm. L’échelle de bain est galbé, ça ne facilite pas la chose.
J’ai pris toutes les cotes nécessaires et a priori rien oublié : ouf !
J’ai commandé également à Treb les poulies, taquet coinceur, mousquetons et drisse à faible allongement.
Je reçois rapidement le nouveau bras que je monte très facilement en remplacement de l’ancien.
Me revoilou début Mars à Trébeurden pour le montage final.

Je présente l’ensemble pour tracer, contrôle les alignements et la verticalité (facile sur un bateau !) je re-contrôle, le regarde de loin sous tous les angles, finalement, je perce et monte le tout : c’est nickel (ouf !)
Montage définitif
Le support est en chêne lazurée
Vue de l'arrière
 

Je réalise le circuit de drisse au plus simple et trouve des astuces de réglage de tension qui me plaise bien.



Juste 2 poulies pour le circuit de drosse
Le réglage de tension: un taquet fixé sur un piquage d'arrosage d'eau...


Je réalise également le « fusible » recommandé par Peter (bout de 3 mm)

C'est là que ça casse quand ça se vautre...
 

Le premier essai est concluant : vent a 15 N, test au ¾ arrière et au près, le bateau se comporte très bien.

J’en profite pour faire une petite vidéo « technique » pour Peter.

Le coinceur est fixé provisoirement sur la barre franche car je ne suis pas sûr de sa position, elle me semble bonne de prime abord.


 

L’échelle ne bronche pas, il ne semble pas y avoir de fortes contraintes dessus.

Les crochets de fixation de l’échelle ont l’air solide mais je me suis aperçu qu’il n’y avait pas d’écrou au bout des vis au fond du tableau arrière, a corrigé dès que je me serais greffé des bras de 3m pour y accéder…

Les vis des crochets, vue de l'intérieur, n'ont pas d'écrou ni rondelle

 
Je garde la possibilité de réaliser un bridage rapidement démontable du support de régulateur directement sur le tableau arrière si je vois une faiblesse quelconque…
On peut rajouter une équerre sur le tableau arrière pour brider le tout

dimanche 7 décembre 2014

La Croatie







Un jour de 2008, le frangin me dit :
 
-          On va naviguer en Croatie l’année prochaine, nous serons 8 sur un 40 pieds ça te dit de venir avec ton Biloup?
-          Je regarde et je te dis...
Bon, la Croatie, Primosten, du Lac de la Forêt d’Orient, ça fait 1700 kms, en passant par l’Allemagne, l’Autriche, la Slovénie et la Croatie.

J’appelle le port de Kremik, pas de problème pour mettre à l’eau.
Les Formalités : droit de navigation, permis obligatoire, OK.
La petite famille est partante.
 
On y va !
 
Le jour J, un mercredi soir, nous partons pour le Lac de la forêt d’Orient, objectif, préparer le bateau et dormir pour partir le lendemain matin à la fraiche.
L’objectif est abandonné en arrivant, vaincu par l’attaque massive de moustiques voraces, on se réfugie dans le bateau (qui est quand même déjà sur sa remorque) et on installe les moustiquaires.
 
Finalement c’est à 9 heures que l’on décolle pour un trajet qui durera 2,5 jours.
Nous roulons tranquillement à 90 km/h environ la remorque et le bateau font 2,7 tonnes environ mais le Patrol a des chevaux et un couple phénoménal, il nous emmène tranquillement du haut de ses 17 litres au cent.
6 Tonnes en mouvement et plus long qu'un autobus
 
Des bouchons interminables et des travaux sur des voies réduites nous plombent la première journée et nous faisons halte en Allemagne sur une aire d’autoroute.
C'est long, on s'occupe comme on peut...


La première nuit sur une halte d'autoroute
 
 
Le deuxième jour, nous traversons l’Autriche et la Slovénie et nous faisons haltes (toujours sur une aire) en Croatie. Les tunnels sont étroits et je dois être très vigilant a centrer la voiture bien au milieu de ma voie car la remorque dépasse largement de chaque coté.
 
Le trajet se termine sur des autoroutes flambant neuf dans une circulation chaotique et désordonnée.
 
Je laisse toujours une énorme distance de sécurité devant, mais là on me double par la gauche, par la droite (sur la BAU) on se rabat au raz de mon capot, je suis très inquiet, mais réussi à sortir de l’autoroute sans incident malgré un carambolage tout autour de moi…
 
Enfin vers midi, nous arrivons a la marina de Krémik, les grutiers prennent en charge le bateau.
 
Il est à l’eau une heure après, service Nickel !
 
Après le déjeuné, je vais au bureau du port de Primosten pour m’enregistrer, malheureusement, il est fermé jusqu'à lundi, nous voilà coincé a la marina.
 
L’après midi, je mate le bateau et nous préparons les voiles et transférons l’équipement du 4x4 au bateau.
 
J’installe le drapeau jaune à bâbord et le drapeau Croate à tribord
 
Nos collègues de nav arrivent enfin et c’est les retrouvailles.
 
 
 
Le dimanche est passé à visiter Primosten et a faire l’avitaillement, nous irons d’Ile en Ile et il faut au moins 4 jours d’autonomie.
Primosten, une petite ville sur une presqu'ile
 
Visite de la ville

Primosten

 
Le pauvre Biloup est sous ses lignes, plombé par l’avitaillement et le stock d’eau.

Marina Kremik
Entre temps, Philippe a pris possession de sont Oceanis 393 et fait l’inventaire, all is OK.

 
Lundi matin, je me rends avec les papiers du bateau a la capitainerie du port, ce sera mon seul contact avec une autorité : exécrable, désagréable au possible, méprisant.
 
Je ferme ma boite à camembert, paie et sort, j’ai mon droit de nav, et entrée sur le territoire, basta.
 
De retour de Primosten, nous appareillons pour Sesla, à 20 Nm histoire de se mettre en jambe.

Primosten - Sesla: 20Nm
 
 
 

 
Le schéma va se répéter a peu près à chaque fois : la navigation est tranquille : peu de vent, on fera a peu près 70% au moteur, mer calme, peu de courant (sauf dans les passages étroits entre les iles), peu de cailloux.
 
Les mouillages sont faciles : on mouille vers le milieu de la baie, on recul pour s’approcher d’un bord et on porte une amarre a terre a la nage ou en annexe.

Au mouillage

Service transbordement!

Après la navigation, opération figures libres
Pour l’occasion, j’ai une super ancre (voir chapitre sur l’ancre)
 
Quand on est proche, on s’amarre entre bateau et on se sert de câblot pour se haler en annexe.
 
Tous les soirs, on se retrouvera pour parler de la journée devant un petit apéro

 




Sesla – Vis : 20Nm
 
Démarrage sous voile pour finir au moteur, le vent ayant déclaré forfait…
 
Arrivée à Vis

 
Débarquement en Annexe et promenade dans la ville.

De retour au port, je constate que mon annexe est dégonflée, je vais chercher le gonfleur et tente de la regonfler…

Témoignage d'une guerre pas si lointaine...
Peine perdue la chaleur l’a achevée de 8 trous (décollement entre les boudins) répartis un peu partout.
 
Nous continuerons à l’utiliser avec 1 qui pagaie et 1 qui regonfle…
 
 

 
Vis -  Lokva : 51Nm chère étape
 
Idem l’étape précédente : début de la nav à bonne allure sous spi, fin sous risée Yamaha.
 
Anecdote : ma montre et mes lunettes repose en paix sous quelques centaines de mètre d’eau.

Un repas dans les calmes
Lokva est un parc National et le soir avant le coucher du soleil, des garde viennent réclamer un droit de mouillage plutôt salé (180 €), après une demi heure de négociation, on bénéficie d’une réduc de 75% (que j’ai arraché sans scrupule suite à mon expérience précédente avec l’administration)

Arrivée à Lokva

Le soleil se couche
 

 
Lokva -  Dubrovnik 35Nm
 
Départ à 6h (pas tranquille avec cette histoire de taxe), nous arrivons a la marina de Dubrovnik vers 15h30.

L'arrivée à Dubrovnik (coté marina)

 
Loin de la ville, bruyante et luxueuse le p’tit Biloup 77 fait minuscule au milieu des monstres sur les catway

Le port du coté des "petits"
Visite de Dubrovnik : belle ville, verticale sur les cotés, le marbre de la rue principale est polie sous les pas des touristes.
 



 
La rue centrale




 
 


On pose pour la postérité
Les rues sont escarpées de chaque coté de la rue principale

 
Y'en a marre...
 
...des marches!
 
Il faut quand même dire....
Que cela vaut le coup d'œil!
 
 



 

 
En 1 mot comme en cent...
 
Dubrovnik, c'était bien!

 
Dubrovnik - Sipan 20Nm
 
En partant de la marina, nous faisons un passage par le port de Dubrovnik.


L'entré du port de Dubrovnik
 

Il reste encore des vestiges de la guerre, Le port est minuscule et grouillant de vedette a touriste qui rentre et sort dans une belle pagaille.


 
J’y ai pointé mon étrave brièvement histoire d’être entré dans le port de Dubrovnik (quand même !)

Le port
 
En sortant du port, on croise un petit voilier
 
En longeant une plage verticale, les loulous ont envie de faire un plongeon.
 
 



Et on repart

 
Sipan – Korkula 35Nm
 
Changement d’équipage : Nous sommes 2 sur le Biloup, le reste est sur Christophen.


Philippe a la barre du p'tit Biloup




Le vent n’est pas au rendez-vous, l’équipage du Christophen joue avec les dauphins.

Petit temps, soleil

 
Nous croisons un petit cotre, c’est courant ici…

Mais si, c'est le 40 pieds, le petit à droite!

Pas de vent pour les petits comme pour les gros...
 
Marco Polo est né a Korkula, nous marchons un peu dans la chaleur écrasante de la baie ou nous mouillons jusqu'à la ville.
 
 







 
 
On va aussi se ravitailler en eau avec notre annexe fuyarde qui menace de couler à chaque instant !
 
Le préposer au gonflage fatigue plus vite que le rameur qui…rame, pas facile de faire avancer un semi immergé !

1 qui rame, 1 qui pompe
De retour au bateau séance de photos sous marine.
 
 

 
Korkula – Racisce 4,5Nm
 
Un petit saut de puce et nous voilà a Racisce.
 
Nous mouillons a l’entré du port, ravitaillement a la superette.

Racisce
Le soir, Phil emmène en annexe motorisé un équipage italien affolé qui ont vu leur bateau partir à la dérive vers le large du restaurant.

Ils étaient a la rame et plutôt mal barré pour récupérer leur bateau !
 
Le frangin est revenu avec une bouteille de grappa !
 
 

 
Racisce -  Hvar
 


Nous quittons précipitamment Racisce en laissant un orage derrière nous et un calme plat... pas pour longtemps.



 

Juste le temps de filer!
 
Le coup de vent ne va pas tarder a nous rattraper
 


Nous sommes sous voile, le vent monte et on se retrouve GV 2 ris et un bout de foc a plus de 6 nœuds au bon plein.


Ca win sur Christophen
Nous faisons le plein de carburant à Hvar avant de repartir au mouillage à Havar pour le mouillage le plus chaud bouillant de la saison.

L’aventure est racontée dans le dossier « ancre ».
 
Un mouillage entre 2 iles, soumis au courant et au vent, ça peut tirer très fort !


Amarrage a terre


Réglage final
Un mouillage avec une ancre éprouvée et 70 m de mouillage mixte : ça tiens aussi très fort.


Mouillage de Hvar


Notre bateau écran, pour l'instant
Mais quand les bateaux sont reliés par des cordages, ça fait vite une belle pagaille…
 
Après cette aventure, nous allons mouiller plus loin dans le chenal et la nuit se passe tranquille.
 
 
Mouillage dans le chenal

 
Havar- Milna 12Nm
 
La seule navigation 100% voile d’abord sous 1 ris puis toute voile dehors, les 12 milles sont avalés rapidement.

 

 






On croise le Ponant devenu célèbre suite à son aventure le long des cotes de Somalie et de sa libération musclée.

 
Après cette bonne nav, on se dévore un méga T bones.


Milna




 
 
Le lendemain, ballade en scooter, avec quelques sueurs froides pour les pilotes inexpérimentés...
 
Tout le monde est paré




 


Pffttt!, on a eu chaud!
 
 
Le scooter nous a fait prendre le la hauteur

 
Milna – Trogir
 
Peu de vent, on croise le Sea Cloud devant la cité médiévale de Trogir

 
Chaleur et sècheresse ne font pas bon ménage.
 
 
Le Sea Cloud est au mouillage devant Trogir
 
Le biloup se case dans un petit coin de la marina mais Phil ne peut pas rester, vive les petits bateaux !









 
Cela dit, on regrettera de n’avoir pas suivi phil dans sa baie tranquille, car Trogir, c’était super bruyant !
 
 

Trogir – Kremik 21Nm
 
Dernière étape en rase cailloux au moteur, le vent est faible et nous devons démâter et sortir le bateau de l’eau.

 
Espalier du côté de Primosten



Le retour a la marina Kremik sonne la fin des vacances

On prépare le démâtage

Phil est rentré aussi

Prêt à partir.
 
On se retrouve tous au resto pour la dernière soirée Croate.
 
La nuit sur le parking de la marina et départ au petit matin
 
Le retour se fera en 2 jours avec un contrôle douanier a la frontière allemande : non monsieur le douanier, on ne ramène pas 10.000 euros en liquide de Croatie, par contre on en a laissé !